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C'est sur le thème général de l'espérance que le pape a basé son homélie et ses interventions durant les festivités de Pâques au Vatican. Cette année, la fête a été endeuillée en Italie par le très lourd bilan - plus de 300 morts - des victimes du tremblement de terre qui a secoué la région des Abruzzes le lundi 6 avril, y détruisant notamment de très importants édifices religieux. Pâques cette année, donc, a sonné comme une véritable Passion pour les Italiens. Et c'est d'ailleurs le vendredi saint, où traditionnellement les catholiques ne célèbrent pas de messe en mémoire de la souffrance endurée par Jésus sur la croix avant sa résurrection, que les obsèques nationales pour ces victimes ont eu lieu par dérogation spéciale. Elles étaient présidées par le cardinal Tarcisio Bertone, le « premier ministre » du pape.
Tout au long des fêtes pascales, l'ombre de ce drame national était présente dans tous les esprits. Le pape l'a évoqué depuis le Chemin de croix qu'il a présidé le vendredi 10 avril au Colisée de Rome jusqu'à ce dimanche 12 avril sur la place Saint-Pierre pour la messe de Pâques, en passant par la veillée pascale du samedi saint. « Le Christ est ressuscité pour nous donner l'espérance », a affirmé Benoît XVI dimanche devant une imposante foule de fidèles venus suivre la messe et, surtout, recevoir sa traditionnelle bénédiction urbi et orbi (à la ville et au monde).
En théologien de métier qu'il est, Benoît XVI s'est évertué à rappeler aux sceptiques et aux nihilistes que la résurrection du Christ n'est pas une théorie, « mais une réalité historique ». « Ce n'est ni un mythe, ni un rêve, ce n'est ni une vision, ni une utopie, ce n'est pas une fable, mais un événement unique et définitif » qui « illumine les zones d'ombres du monde dans lequel nous vivons ». Zones d'ombres qui sont, pour lui, la persistance des « signes de l'antique domination » de la mort. C'est pour cela que le Christ a besoin, aujourd'hui encore et toujours, d'hommes et de femmes « qui l'aident à affirmer sa victoire » sur la mort par « les armes de la justice et de la vérité, de la miséricorde, du pardon et de l'amour ».
« C'est le message que j'ai voulu porter à tout le continent africain » lors du récent voyage apostolique au Cameroun et en Angola, a-t-il dit. Sans se rabaisser au rappel de la polémique sur le préservatif qui a dominé ce voyage chez les commentateurs occidentaux, le pape est allé à l'essentiel. « L'Afrique, en effet, souffre de façon démesurée des conflits interminables et cruels, de la faim, de la pauvreté, de la maladie », a dit le souverain pontife, qui a promis de réitérer ce message au cœur des nations du Moyen-Orient durant son prochain voyage dans la région (Jordanie, Israël, Palestine du 8 au 15 mai 2009).
L'homélie du pape s'est voulue insistante sur la cause de la paix et du désarmement, du trop de haine dans le cœur des hommes et des femmes de notre temps. Il faut agir vite et sans se décourager ; il faut agir plus, a-t-il lancé en substance. Et les chrétiens seront aux avant-postes pour cela, car ils ont reçu la grâce et la force du renouveau avec la Pâques de la résurrection, « symbole central de l'histoire du salut ». « Il est urgent, a martelé le pape, de redécouvrir des perspectives capables de redonner de l'espérance » au monde entier.
Lucien Mpama