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New-York - le 10 avril 2009 : Les autorités de la République du Congo doivent immédiatement lever leur interdiction sur la chaîne de télévision privée « Canal Plus Bénédiction (CB Plus) », le Comité pour la protection des journalistes a déclaré aujourd'hui.
L'interdiction a été décidée en Février 2009, en réponse à la politique de couverture au cours de la préparation de l'élection présidentielle de Juillet 2009.
« Canal Plus Bénédiction (CB Plus) », a été interdit d' exercer le 12 Février 2009, peu après avoir diffusé des images de la Conférence Nationale Souveraine (1991) qui avait marqué la transition du régime du parti unique du président Denis Sassou-Nguesso à une démocratie multipartite, selon les reportages de l' actualité locale et les journalistes locaux . Jacques Banaganzala, le président de l' organe de l' État régulateur des médias nationaux (CSLC : Conseil Supérieur de la Liberté de la Communication) a dit au CPJ qu' il a ordonné la fermeture de cette chaîne privée parce que les images diffusée contenaient des déclarations violentes et abusives, y compris des témoignages sur l'assassinat en 1977 de l'ancien Président Marien Ngouabi.
«Il est scandaleux que le diffuseur soit censuré pour avoir repris des images qui racontent aux congolais leur propre histoire», a déclaré le directeur adjoint du CPJ, Robert Mahoney.
« Nous appelons aux autorités de Brazzaville de permettre immédiatement le retour de CB Plus et de laisser aux médias le libre choix de couvrir l' actualité au sein de toutes les sensibilités politiques dans la perspective de l'élection présidentielle de Juillet 2009 », a t-il ajouté.
Selon des journalistes locaux, la Conférence Nationale Souveraine demeure un sujet sensible pour l'administration Sassou-Nguesso et les diffuseurs locaux font très rarement passer sur leur chaîne ses extraits. Le programme de CB Plus a été diffusé à une période de montée des tensions politiques suite à la réclamation d' un dialogue national avant l' élection présidentielle de Juillet 2009 par les leaders de l' opposition, selon les journalistes locaux. CB Plus a été aussi la seule chaîne à offrir une large couverture de l' investiture du leader Mathias Dzon comme candidat à l' élection présidentielle.
Un jour avant la suspension, le directeur général Elith Ibourefet de « Canal Plus Bénédiction (CB Plus) », et le directeur des programmes Aimé Onlaby avaient été convoqués par les services de renseignement congolais (La Direction de la Surveillance du Territoire connu par son acronyme français DST), selon des journalistes locaux. Dans un entretien avec le CPJ, le colonel Bayi Dikila de la DST a confirmé l'incident, mais il a refusé de commenter davantage.
Ibourefet et Onlaby disent que des agents de la DST les ont interrogé sur leur mobile dans la rediffusion des images de la Conférence de 1991, et sur leurs liens avec tous les hommes politiques de l'opposition. Onlaby a nié les allégations affirmant que ces images contiennent des déclarations violentes et abusives, ajoutant que ces images ont été produites par la télévision d'État.
Ibourefet dit que la station n'a jamais reçu d'avis écrit de la suspension, qui semble violer la procédure légale en vertu de la loi sur la presse, selon Mackiza Bernard, président de l'Observatoire des médias congolais. Une investigation appropriée et un avis écrit de la suspension sont requis avant la suspension d'un média, dit-il.
Banaganzala affirme que le Conseil examinera la levée de l'interdiction de la station lors de la revue de la demande de l' ouverture de la chaîne privée en question d'ici la fin du mois d'avril, a t-il dit au CPJ. Ibourefet dit que la station a déposé sa demande il y' a plus d'une année.
En 2008, le CSLC suspendait le bimensuel privé Talassa pour deux mois en raison de sa très critique parution du 23 Novembre de la même année à l'endroit du président Denis Sassou Nguesso.
CPJ (Committee toProtect Journalists)