Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Accueil enthousiaste de Mathias Dzon par là, des «Ambassades» de Sassou Nguesso par ici, chants guerriers et psychose dans certains quartiers….Ah !
Jusqu’à ce jour, la campagne électorale présente encore un goût plus ou moins amer. Elle est très différente des premières : tout paraît encore flou, opaque car rien n’est encore clair et mis en marche pour décrisper le climat politique. Nous vivons donc une campagne électorale à deux vitesses et à plusieurs inconnues.
Cela n’est pas un bon signe pour un pays comme le nôtre !
En effet, pour de nombreux observateurs et certains diplomates en poste à Brazzaville, cette campagne électorale ne semble pas encore rassurer tout le monde. A qui la faute ? Le Pouvoir et la vraie Opposition ne cessent de se défier et de se regarder en chiens de faïences avec tout ce que cela a de fâcheux !
Acte 1 : La marche pacifique et l’accueil enthousiaste de Mathias Dzon à Brazzaville…
Tout est parti de la marche pacifique qui a eu lieu, le dimanche 28 juin 2009, à Brazzaville. Cette grande marche pacifique des adeptes de Mathias Dzon, est partie du PSP de Ouenzé Manzanza jusqu’au Rond Point de Texaco et a regroupé de nombreux militants et sympathisants. Grâce aux efforts déployés par les services de Police qui ont encadré le mouvement de la foule, il n’y a eu ni désordre ni casse ni pillage ni heurts. Au finish, que visait cette première marche pacifique qui, de l’avis de ses organisateurs, ne sera pas la dernière ?
Dans ce flou qui entoure cette période tumultueuse, certains observateurs auraient même affirmé que le matériel de campagne électorale du candidat Mathias Dzon serait, semble-t-il, bloqué à Pointe-Noire. Pour l’instant, Talassa ne confirme et n’infirme rien en attendant le retour de son enquêteur dépêché expressément à Pointe-Noire.
Est-ce une simple stratégie de marketing politique ? Au sein de l’Opposition, existerait-elles des questions de fond ou des derniers réglages à réaliser en commun accord?
Qui voudrait apeurer les populations ? Et, qu’est ce qui se manigance, aujourd’hui, en coulisse, au sein des différents Etats-majors politiques ? Si non, pourquoi, tous les candidats ne s’affichent-ils pas déjà, eux aussi, sur la place publique comme le font déjà aisément les candidats Denis Sassou Nguesso, Ebina, Nick Fylla, Kignoumbi Kia Mboungou, Anguios Engambé, qui affrété tout un jet de 28 places avec lequel il se déplace à travers tout le territoire du Congo et autres?
En outre, le 29 juin 2009, pendant que le Président candidat Denis Sassou Nguesso séjournait à Ouesso via Impfondo, des nombreux militants et sympathisants ont réservé un accueil délirant à leur candidat M. Mathias Dzon, à son arrivée à l’Aéroport de Maya-Maya. Le cortège impressionnant de M. Mathias Dzon a été accompagné par une foule immense jusqu’à sa résidence de l’Avenue Bassandza. On s’attend déjà à l’entrée en scène de Mathias Dzon dans les meilleurs délais après le meeting organisé par le candidat Clément Miérassa, le 30 juin 2009 à Bacongo.
Acte 2 : Des posters géants du candidat Sassou Nguesso et ses fameuses «Ambassades» qui…
Il n’y a point de doute, la grosse machine du candidat Sassou Nguesso est déjà en marche pressée au regard des banderoles, des posters et autres calicots vantant les réalisations de la Nouvelle Espérance. En conséquence, le nombre des «Ambassades» du candidat Denis Sassou Nguesso se multiplie dans tous les quartiers. Des posters géants se comptent à la pelle.
Pour le simple citoyen, il est très difficile de prévoir tout ce qui pourrait nous arriver et nous être servi dans les tout prochains jours, pendant et après cette campagne électorale à deux vitesses.
En effet, ici et là, certaines banderoles et certains posters des candidats sont arrachés et déchirés, dans certains endroits sans peur et sans honte. Pire. Dans certains quartiers de Brazzaville et dans la plupart des villes de l’intérieur, le port des tee-shirts ou des pagnes frappés de l’effigie d’un candidat tel ou tel autre, devient un danger permanent et une source de menaces de tout genre. Tenez, parti par route, dans le cadre de la campagne électorale à Kinkala, puis à Boko, le candidat Anguios Nganguia-Engambé est tombé, sur le chemin de retour, lundi 29 juin dans la soirée, dans un incident, à Madiba, non loin de Kinkala. En effet, alors que tout s’est bien passé et que le cortège rentrait allègrement, dans une bonne ambiance, à Brazzaville, après l’étape de Boko, les premiers véhicules ont été retenus au carrefour de Mabiba, par des gendarmes et des policiers. Il exigeraient de l’argent, avant de les laisser passer. « Nous avons assuré votre sécurité et celle de votre président, maintenant, il faut donner l’argent, autrement, vous ne passerez pas », leur ont lancé les agents de la force publique.
Arrivé sur les lieux, quelques temps plus tard, le candidat indépendant a exprimé une vive protestation auprès de l’officier qui était le chef de groupe. Il a menacé de présenter l’affaire aux chefs hiérarchiques de la force publique. Craignant de voir cet incident prendre une grande tournure, policiers et gendarmes ont laissé passé le cortège. Comme quoi, les autorités de la force publique devraient sensibiliser leurs agents sur la nécessité de respecter le droit à la libre circulation des personnes et des biens dans le pays. Que cachent réellement toutes ces basses manœuvres ?
A quelques jours du jour «J», nous vivons déjà une période sensible ; très sensible au point où chaque Congolais se doit, ici et maintenant, d’ouvrir grandement les yeux et les oreilles afin d’éviter que «tout ne s’écroule comme un château de cartes» !
Acte 3 : le Pouvoir et l’Opposition font toujours peur aux citoyens avant le jour du fameux vote
A tout prendre, il nous sera difficile d’imaginer avec précision ce qui pourrait avoir lieu le 12 juillet 2009, le jour du fameux vote à plusieurs inconnues. Pour certains, «la ville est trop calme».
En effet, le Pouvoir et l’Opposition font peur aux électeurs en ne décrispant pas le climat politique avant le 12 juillet 2009. Aussi, pour nombre de Congolais, la paix des cœurs et la tranquillité des esprits tant vantées devraient être garanties, aujourd’hui et demain, car une simple élection présidentielle ne doit pas être la fin de toute l’histoire et le moment choisi pour déterrer la hache de guerre en réveillant tous les vieux démons du 5 juin 1997 et ceux du 18 décembre 1998. Attention aux chants guerriers !
Pour l’heure, tout parait encore flou et superflu avec toutes les surprises agréables ou désagréables pour la plupart des Congolais qui, peu à peu, commencent à se désintéresser de cette élection présidentielle.
In fine, ce climat de tensions sociopolitiques sous fond de menaces, de chants guerriers et d’intimidations, est à décrisper dans les meilleurs délais. Sinon. Il est à craindre que le peuple Congolais ne réagisse à sa manière en quittant précipitamment Brazzaville pour se réfugier, chacun, dans son petit village natal pour éviter ce qui pourrait arriver – bêtement- avant, pendant ou après l’élection présidentielle du 12 juillet 2009.
Au nom de la paix, de la liberté et surtout de l’amour de la Patrie, la rédaction de «Talassa» réclame, ici et maintenant, plus d’humilité, de respect, de modération et de civisme de la part des acteurs politiques du Pouvoir de Mpila et ceux du Front de l’Opposition unifiée. Nous y reviendrons.
Alain Michel IKELEMBA MOLANDA
Talassa