Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Le 1er juillet en cours, à l’occasion d’une conférence de presse, le général Ngouélondélé, procédant du constat que le pouvoir a semé d’embûches le chemin qui conduit au processus électoral de la présidentielle 2009, invitait le peuple congolais de s’approprier d’un droit constitutionnel, la désobéissance civile, et d’en faire bon usage.
Depuis lors, les langues se délient, et le tenants du pouvoir notamment, y vont, chacun en qui le concerne, de son interprétation. C’est le cas du maire de Makélékélé, Maurel Kihoundzou, qui, au lieu de revenir sur les termes mêmes de la communication, a au contraire mis de l’huile au feu, tant ses bravades s’identifient à un casus belli.
De sa riposte tonitruante, nombre de brazzavillois, qui savent lire entre les lignes -et qui ont donc compris que le spectre de «la bêtise humaine » s’approche chaque jour- ont préféré, par précaution, de quitter la zone d’insécurité, à la recherche d’un endroit plus sûr.
Le ministre Hellot Mampouya, l’autre thuriféraire au bord du «chemin de l’avenir», a, par confusion de rôle -comme en son habitude tant il se mue quelquefois en speaker lors des meetings- a emboîté le pas en lançant un sévère avertissement au général à la retraite. Cette réplique, si légitime soit-elle, ne se justifiait pas cependant, puisque le mouvement politique dont il est issu, le MCDDI, détient le record de telles pratiques dans ce pays.
Les congolais garderont en mémoire, que courant la période qui a précédé l’élection du président Pascal Lissouba et celle qui succédait le retour par les armes du général d’armée Sassou-N’guesso, le MCDDI a excellé, aussi bien dans les barricades qu’à la destruction du tissu social (son président, Bernard Kolelas, prenait faits et causes sur le massacre des religieux à Mindouli et la tentative échouée de contrôle de Brazzaville par les armes, le 18 décembre 1998).
L’actuel ministre s’en souvient-il ?
Dans le même élan, le président de la Conel, qui a dressé un chapelet de griefs aux membres de l’opposition «radicale», ne s’est pas empêché, dans sa déclaration lue dans les médias, de brandir des menaces de poursuites pénales contre le général à la retraite, lequel, en incitant à la désobéissance civile, a porté dangereusement atteinte à la constitution. Pour soutenir ses menaces, il a relevé, que la désobéissance civile dont le général se donne les gants, si elle était expressément prévue en la constitution du 15 mars 1992 (notamment dans le préambule) et que le MCDDI en a utilisée abusivement; elle est, sous le régime actuel, méconnu.
Les souvenirs funestes d’un usage abusif de ce mode d’expression, dont le MCDDI s’en était fait le chantre pour tordre le cou à la paix et contester parfois les institutions républicaines, pourraient justifier la montée au créneau du pouvoir qui menace, sous le couvert de l’intangibilité et la défense de la constitution, de se saisir de la justice pour arrêter ces ardeurs.
Vu sous cet angle, cela reviendrait à dire, toutes proportions gardées, que chaque fois qu’un citoyen ne se conformerait pas à la constitution, aux lois et règlements et ne s’acquitterait pas de ses obligations envers l’Etat (article 50 de la constitution), des poursuites pénales devraient être engagées.
Ce principe, s’il est adopté, exposerait plus les tenants du pouvoir qui, dans des nombreux cas, passent outre les règles édictées par la constitution dont ils imposent respect et soumission au citoyen lambda.
Il est un secret de polichinelle, pour la transgression, voire la violation de la constitution, que le président de la république et son entourage décrochent la timbale. Quelques illustrations suffisent pour s’en convaincre:
1- La constitution du 20 janvier 2002 qu’il a imposée au peuple congolais, instaure un régime présidentiel. Tout le monde sait, que dans un tel régime, l’exécutif est monocéphal, surtout que les ministres ne sont responsables que devant lui seul qui les nomme (article 74 de la constitution). Autrement, le régime présidentiel (dont le prototype est celui des Etats-Unis d’Amérique), ne s’adapte nullement avec un premier ministre, à moins de recourir,comme cela est l’expression du ministre d’Etat,S.E.M Aimé Emmanuel Yoka,qui, en son temps, n’hésitait pas à dire qu’il était le premier des ministres.
La désignation d’un premier ministre, royalement ignoré par la constitution, est un véritable pied de nez au peuple congolais qui ne comprend pas cette monstruosité. Le peuple congolais attend de son président beaucoup de courage, par le biais d’une révision constitutionnelle, d’introduire un régime parlementaire ou le 1er ministre trouvera toute sa légitimité.
2- Le Président de la république, au travers de l’exécutif dont il a la plénitudedu contrôle, n’a pris aucune disposition, 7 ans durant, pour rendre applicable l’article 48 de la constitution, notamment par le vote et l’adoption par le parlement d’une loi qui ferait obligation à tout citoyen élu, ou nommé à une haute fonction publique, de déclarer son patrimoine lors de sa prise de fonctions et à la cessation de celles-ci.
Il va sans dire, que les efforts de ses partisans qui balayaient d’un revers de la main la demande des défenseurs de la constitution, demande relative à sa déchéance, doivent être
cloués au pilori, puisque, par sa mauvaise foi, les gouvernants qui n’ont aucun compte à rendre au peuple ont acquis illicitement des biens.
3/ Mêmement, le peuple congolais pourrait exciper de l’article 50, en relevant des manquements graves du Président , qui n’occupe pas une résidence officielle.
Les partisans du R.M.P, pour ce qui les concerne, ne sauraient être épargnés des poursuites pénales, puisque, pour ne citer que les dernières entorses aux règlements, ils ont relevé à la face du monde, ce qu’ils savent faire pour le désordre. A preuve, la violation de la prescription interdisant pendant la période de campagne de la présidentielle 2009 aux médias de la RDC de se faire l’écho,est une preuve tangible de l’irrespect et de l’insoumission des tenants du pouvoir aux règles de jeu qui devraient s’imposer à toutes les parties.
Les medias de la RDC (RTGA, MIRADOR) se relayent à passer les images du candidat Sassou à Pointe-Noire ; les congolais s’interrogent de ce que, si telle entreprise émanait d’un autre candidat, quelle attitude devra adopter le conseil supérieur de la liberté de communication et la cour constitutionnelle ? Sans risque de se tromper, la constitutionnelle, comme cela est devenu une habitude, invaliderait purement et simplement la candidature des contrevenants.
4/Dans ce même chapitre, les grosses légumes du R.M.P de poto poto qui ont transformé leur domicile privé en centre secondaire d’identification, chargé spécifiquement à la délivrance de ce document capital à des sujets étrangers, doivent répondre de leur imposture, tant le préjudice causé à la république aura des répercussions dans un avenir très proche.
An finish, au lieu de voir le diable partout, le président de la république et ses affidés, se devaient d’intérioriser la constitution, sur toute la ligne, et d’en faire bon usage. Ce qui signifie que l’épée de Damoclès, telle que relevée par l’article 50 de la constitution, resterait suspendue sur la tête des tenants du pouvoir qui excellent dans la violation permanente et le refus délibéré d’appliquer la constitution, les lois et règlements de la république. Tous les citoyens étant égaux devant la loi, la sanction serait aussi la même pour tous ceux, par leurs comportements déviationnistes, commettraient les mêmes fautes.
Dans ce même registre , les cadres du R.C.T en général, les honorables députés de l’arrondissement N°3 poto-poto en particulier, en ce qu’ils ont transformé leur résidence privée en centre secondaire d’identification, en courent des sanctions pénales prévue.
Ghys Fortune DOMBE BEMBA