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L’incompétence de MM. Mboulou et Bouka, mais aussi des chiens couchants du pouvoir, dévoilée au grand jour par M. Clément Miérassa
Comme il fallait s’y attendre, la présidentielle du 12 juillet 2009, largement boudée par les populations, ne cesse de susciter de nombreuses réactions qui fustigent avec insistance, de façon acerbe et dans un parler franc, les tripatouillages et les basses besognes fomentées par la mouvance présidentielle et tous ses «abonnés ou clients» afin de faire réélire à l’issue de ce scrutin le Président Denis Sassou Nguesso, réélu, comme ils l’avaient promis.
Les fraudes, les irrégularités et tous les autres agissements ou arrangements tordus dont cette échéance électorale a été victime de la part des apparatchiks et de tous ceux qui ne comptent sur le Président Denis Sassou Nguesso pour se faire une place au soleil, continuent de faire couler l’encre et la salive.
Les médias étrangers et quelques organes de presse du pays, ayant couvert leur déroulement, n’ont pas manqué de critiquer cette façon de faire. Qui a oublié que la police congolaise a, lors de la dispersion de la manifestation du Front des partis de l’opposition à Brazzaville, brisé la caméra de la vidéaste Marlène Rabaud de France 24, alors qu’elle filmait cette manifestation. Son collègue de France 24, Arnaud Zajtman, qui était également sur les lieux a affirmé que des officiers de la police nationale les ont brutalisés, avant de confisquer leurs images. Le journaliste Thomas Fessy n’a pas été lui aussi épargné, car lors de cette manifestation, la police a saisi son sac de matériel, y compris son appareil photo numérique, son téléphone portable et son carnet de notes.
Même les grands tricheurs du monde reconnu dans ce genre de magouille, n’aurait pas agi de la sorte. D’où la nécessité de se poser la question s’il n’est pas aussi utile de prendre des précautions avant de tricher ? En pareille occasion, on ne peut pas comme un vulgaire idiot procéder à un quelconque tripatouillage sans que toutes les garanties soient réunies et prises. Comme quoi, M. Sassou Nguesso et ses acolytes qui ont toujours voulu trompé le peuple congolais en pareil circonstance, ont été cette fois démasqués, leurs magouilles et agendas secrets ayant été révélés au grand jour. Ne dit-on pas qu’on ne peut pas tout le temps tromper le peuple. Pour M. Sassou Nguesso et ses collabos, à malin, malin et demi, en ce qui concerne la présidentielle de cette année.
Voici in extenso la déclaration du Parti Social Démocrate Congolais (PSDC) relative au scrutin de la présidentielle du 12 juillet 2009 :
«Depuis plusieurs années, le Parti Social Démocrate Congolais (PSDC) a clairement fait le choix du combat pour le changement, la rupture et l’alternance démocratique.
A cet effet, les militants et sympathisants se sont mobilisés pour la restauration de la démocratie dans ce pays, qui est tombé après les douloureux évènements qu’il a connus, dans une dictature et une tyrannie qui ne disent pas leurs noms.
Dans cette démarche, le PSDC n’a cessé de revendiquer la mise en place des conditions permissives à la tenue d’élections libres, démocratiques et transparentes.
Il a pour cela eu à relever que :
* Ceux qui hier à l’opposition ont clamé haut et fort qu’un démocrate sincère ne pouvait pas avoir peur d’une commission électorale indépendante et que celle-ci était une nécessité inéluctable, ont renié leurs positions une fois au pouvoir.
Ils ont choisi de tout mettre en œuvre pour s’accrocher à ce pouvoir, ceci en dépit de leur bilan socio économique catastrophique;
* Les dirigeants actuels ont voulu mettre en application le principe selon lequel on ne perd pas les élections que l’on organise. A ce titre, ils ont placé une commission électorale à leur solde dans laquelle ils ont placé les Préfets, les Maires, les Sous-Préfets, les Secrétaires Généraux et autres au centre de cette organisation;
* Le système de fraude et de tricherie mis en place par le pouvoir a été mis à nu; faisant même apparaître la contradiction en son sein s’agissant du corps électoral.
En effet, le Ministre de l’administration du territoire a annoncé le 9 juillet un corps électoral de 2.200.000 électeurs tandis que, le Président de la CONEL Henri Bouka a déclaré le 11 juillet que le corps électoral était de 1.800.000 électeurs. Il a même ajouté: «Nous devrions plus tard, tirer cette affaire au clair et établir les responsabilités des uns et des autres, pour le bien de la Nation» (Se référer aux chiffres de 2001, 2002, 2007 et 2008);
* Curieusement le 15 juillet lors de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle le Ministre Raymond Mboulou a annoncé un corps électoral de 2.078.802 qui correspond à une population d’environ 4.330.333 habitants que le Congo est censé atteindre en 2013.
A ce sujet, le PSDC se demande quel est le chiffre du corps électoral qui a permis au Président de convoquer les Congolais aux urnes.
Par ailleurs il note que:
* Le pouvoir essoufflé en nous faisant voir un feuilleton de mauvais goût, a cru faire avaliser sa démarche de fraude en organisant des meetings au cours desquels de grands artistes se sont produits et où une masse importante de billets de banque a circulé. Il a voulu ainsi, faire croire aux Congolais qu’il s’agissait de sa capacité de mobilisation et de la bonne audience qu’il bénéficiait auprès des Congolais;
* Celui-ci a cru tirer profit en obtenant le soutien de quelques hommes politiques dits de poids;
* Celui-ci fort de son impopularité et du rejet par la population, a choisi de distribuer sur fonds publics de moyens roulants de tous genres, des tee-shirts, de l’argent et autre gadget;
* Malheureusement fort est de constater que les Congolais dans une écrasante majorité ont boudé les urnes. Ils ont infligé un cinglant camouflet au Candidat Denis Sassou-Nguesso et à son équipe, et ont à travers cela rejeté à la fois la «Nouvelle Espérance» et «Le Chemin d’Avenir».
Le Parti Social Démocrate Congolais
1- dénonce les chiffres publiés par le Ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, M. Raymond Mboulou, chiffres qui dénotent de la volonté de ce pouvoir d’instaurer la culture de vol, de la fraude et de la tricherie au sommet de l’Etat, culture qui n’est rien que celle de l’autodestruction de ce pays par ceux qui le gouvernent;
2- soutient le Président de la CONEL dans sa proposition de tirer cette affaire au clair et d’établir les responsabilités des uns et des autres pour le bien de la Nation;
3- condamne les pratiques et les méthodes utilisées qui sont de nature à compromettre la paix;
4- dénonce de façon générale l’archaïsme dans la gestion des affaires de l’Etat et en particulier la peur de la transparence et de la bonne gouvernance;
5- félicite, encourage les Congolais en général, ses militants et sympathisants en particulier et les exhorte à continuer à faire preuve de maturité et d’être vigilants;
6- se réjouit du choix fait par les Congolais pour le changement et la rupture dans le pays;
7- demande au Gouvernement et à son Chef de tirer les conséquences de cette situation;
8- demande à ses militants et sympathisants et au peuple Congolais de se mobiliser en vue d’un sursaut national».
Fait à Brazzaville, le 20 juillet 2009
Le président du Parti Social
Démocrate Congolais
Clément MIERASSA